Présenté par Le Théâtre de l'épée de bois« Les peurs que l’on ressent ne sont rien auprès des terreurs que l’on imagine. » Ce que Shakespeare dit de façon radicale, c’est que ce qui n’est pas, ce qui est de la seule étoffe de nos rêves, des songes, des désirs – c’est cela seul qui est et fait la trame secrète de notre vie.Cette citation opère un jour renversement fondamental : Macbeth cesse d’être une pièce sur un roi assassin pour devenir le portrait d’un homme dévoré par l’avant-coup de ses actes. Comme le souligne A. C. Bradley, Macbeth possède une « imagination de poète » : c’est elle qui transforme l’ambition en visions hallucinées, rendant le poignard flottant ou le spectre de Banquo plus réels que le trône lui-même….Cette lecture s’ancre dans les études récentes sur l’imagination pathologique à la Renaissance. Suparna Roychoudhury montre que la pièce interroge « la ligne ténue entre fantasme hallucinatoire et subjectivité ordinaire » et pose une question cruciale : dans quelle mesure nos images mentales nous appartiennent-elles ?Elle fait également le pari que la trame secrète de Macbeth (ses songes, ses peurs anticipées) est le seul vrai personnage de la tragédie. Le réel (…
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